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4 - Divers de "Fragments"

 

L’EXPERIENCE DE LA GRAMEEN BANK 

Muhamad Yunus1 est professeur d’économie à l’université de Chitatong au Bangladesh. Il a constaté que les aides officielles ouvrent des débouchés aux pays donateurs, pour écouler leurs produits dans les pays du tiers-monde, entretiennent les gouvernements et les bureaucrates corrompues du tiers-monde mais ne profitent absolument pas aux pauvres.

Aussi, constatant la misère dans son pays, il a enquêté auprès des paysans pour comprendre d’où provient la misère. Il est allé voir les plus pauvres, les femmes dans la société bangladaise, en raison de la coutume musulmane du « purdah » qui n’autorise à voir une femme mariée qu’à travers un rideau ou un voile. Il a dû d’abord établir le contact avec ses femmes, qui, par la coutume, ne doivent pas parler aux étrangers. Il s’est aperçu qu’elles avaient besoin de petits prêts pour démarrer une activité (acheter des semences, une vache, une machine à coudre). Dans un premier temps, il s’est porté caution auprès des banques qui lui ont accordé le prêt. C’est ainsi qu’il a été amené à créer une banque qui ne prête qu’aux pauvres. Ainsi est né la Grameen Bank.

La Banque Grameen n’installe pas de bureaux dans les villages. Les employés de la Banque doivent établir le contact avec les villageois et trouver un local après. Le principe de la banque est d’accorder des petits prêts avec des petits remboursements à la portée des emprunteurs. La banque Grameen essaye de constituer des groupes de voisins autour des emprunteurs, ce qui encourage les emprunteurs à contracter des prêts et à les rembourser. Le système de la banque Grameeen repose sur le pari que les pauvres, n’ayant pas d’autre chance, ne peuvent que s’investir dans leur projet et rembourser leur prêt. Ainsi le prêt est accordé sans garantie.

La banque Grameen a également fait des expériences dans les autres pays du tiers monde avec des correspondants en Afrique, en Amérique. Muhamad Yunus ne s’est pas contenté du secteur bancaire : il a créé une société pour mettre le téléphone portable à la portée des pauvres, ainsi que le réseau Internet. Le projet de Yunus repose sur l’idée que la solution à la pauvreté repose sur le travail indépendant que les pauvres peuvent entreprendre. Cela peut consister à fabriquer des paniers et à les vendre, à acquérir une vache laitière, etc.. Cela redonne aux pauvres une dignité et leur prouve qu’ils peuvent faire quelque chose, ce qui les rend autonomes, plutôt que de dépendre de l’assistance. Pour M. Yunus, il est préférable de laisser une certaine souplesse à l’économie informelle, plutôt que de la combattre. En France, le principe de la Grameen Bank est développé par l’ADIE de Maria Nowak.

Daniel Herlaut
1998

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1 : Vers un monde sans pauvreté, Muhamad Yunus (éd. Lattés 1997).

 

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