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32 - Fragments 45-2

 

Allocations et emploi

« L’indemnisation du chômage ne pénalise pas l’emploi »  est la conclusion d’une étude de Vincenzo Spieza (1).Deux théories expliquent la persistance du chômage par les allocations données.La première dispose que les travailleurs au chômage recevant des allocations sont moins incités à rechercher du travail, La seconde soutient que le niveau de ces allocations incite les chômeurs à demander des salaires plus élevés (théorie du salaire d’efficience). Ceci expliquerait la différence des taux de chômage européen et américain.

Or, des travaux de terrain démontrent l’inverse, paradoxe qui repose sur une confusion des modes de gestion :- L’assistance chômage offre des prestations illimitées dans le temps à condition d’être sans emploi et de disposer d’un revenu inférieur à un seuil fixé . L’assistance est financée par un impôt sur les salariés et les entreprises  proportionnel au nombre de chômeurs.

- L’assurance chômage est un transfert de revenu dans le temps des actifs pour s’assurer contre les risques de perte de leur emploi. Ce régime est largement autofinancé. L’assurance ne secourt pas tous les inactifs et reste limité dans le temps.

Comme les indemnités d’assurance varient dans le temps et sont fonction des cotisations antérieures, les chômeurs qui ne bénéficient pas des conditions optimales accepteront plus facilement de travailler à des conditions plus modestes.

Le paradoxe des assurances chômage est là : Les prestations versées ont tendance à faire baisser les salaires, tandis que le coût de financement du régime les pousse dans la direction opposée.

  En fait, les fonds publics susciteraient une augmentation des salaires qui affaiblirait la demande de main d’œuvre, alors que les cotisations  n’affecteraient ni l’un ni l’autre.

V. Spieza constate ainsi que la réduction des indemnités de chômage n’améliorait pas l’état du marché du travail. Les pays peuvent continuer à offrir le même niveau  d’indemnisation à condition de faire en sorte que le régime appliqué soit moins tributaire des recettes publiques et davantage autofinancé par les cotisations. Par ailleurs, l'assistance doit être maintenue pour inclure tous ceux qui ne sont pas couverts par l’assurance.

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1 :  Vincenzo Spieza, La revue internationale du travail, n°1- vol.139.2000 publiée par le BIT.


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