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31 - Fragments 45-1

 

L’avenir du FMI et de la Banque Mondiale

Horst Keëhler, successeur de Michel Camdessus à la direction du Fonds Monétaire International (FMI), a présenté lors de son assemblée annuelle les orientations politiques du FMI:

- Accompagner sans contrer. Le FMI devra accompagner le mouvement des marchés des capitaux et ne pas les contrer, il devra  cependant contenir les risques induits par les mouvements désordonnés de capitaux. Le FMI devra intensifier la vélocité des prêts qu’il consent, et par conséquent favoriser les prêts à court terme, “ ce qui suppose d’exiger un remboursement rapide et le prélèvement des taux d’intérêt élevés pour les prêts importants ”,

- Responsabiliser sans assurer. Le FMI souligne que les emprunteurs doivent se responsabiliser en utilisant les fonds qui leur sont alloués et qui sont ceux des contribuables. Il s’agit peut-être là de répondre aux critiques émanant entre autres de la Bundesbank qui soulignait, dans son rapport mensuel du 09/2000, que  le FMI ne devrait pas et ne peut agir comme un prêteur en dernier recours.

- Améliorer le partage. Le FMI devra permettre un meilleur partage issu de la mondialisation. A ce titre, un partenariat avec la Banque mondiale qui en est le chef de file a été défini. Il épouse les thèses américaines d’une réorientation du FMI et de la Banque mondiale dans laquelle le FMI prêterait exclusivement à court terme alors que la Banque mondiale ne s’occuperait que des pauvres. Le FMI fut critiqué pour ses aides qui ne servirent souvent qu’à compenser les sorties de capitaux dans des situations de crise

L’objectif reste la réduction de la dette des pauvres, notamment l’initiative HIPC.

 Au delà de cette initiative, il préconise une croissance robuste non inflationniste, une meilleure ouverture des marchés des pays riches aux exportations des Pays en Développement (PED).

Le FMI et les prêts de dernier ressort.

Quel rôle doit jouer le FMI dans la régulation de la liquidité internationale ? Doit-il être préteur en dernier ressort contraint et s’engager à l’occasion des crises à prêter à des pays en panne de liquidités. Ces prêts en dernier ressort contraint furent critiqués et assimilés lors des dernières crises russe et asiatique à des assurances déresponsabilisant les pays concernés.

Pour Michel Aglietta, l’un des pères de l’école de la régulation, et Sandra Moatti 1, les variations erratiques de change pourraient être freinées par un renforcement de la coopération entre les 3 grandes Banques centrales émettrices de l’euro, du dollar et du yen, et la mise à contribution, au moyen d’indicateurs d’alerte, du FMI dont la mission de surveillance serait renforcée. Ils proposent également que le FMI édicte un système de règles auxquelles les pays devraient adhérer pour bénéficier des financements aux meilleures conditions.

==> De son côté, le Président de la Banque Mondiale, Jean Wolfensohn, a réactualisé le 21 septembre les chiffres des inégalités et de nouveau mis en garde contre l’instabilité sociale que crée le fossé entre pays riches et pauvres. Sur un PIB mondial de 30.000 Mds. de dollars, 24.000 Mds sont produits dans les pays développés, soit 80 %. Le revenu des 20 pays les plus riches est 37 fois plus élevé que celui des 20 pays les plus pauvres. Par ailleurs, dans 25 ans, le nombre d’habitants passera de 6 Mds. à 8 Mds. Ces 2 Milliards nouveaux naîtront dans les pays en développement.

Si la lutte contre la pauvreté et l’allégement des dettes des pays pauvres (initiative HIPC) est l’objectif de la Banque mondiale, sa stratégie est critiquée par de nombreuses ONG, notamment Oxfam. Pour celle-ci, “ il est économiquement ruineux et moralement indéfendable que la Zambie consacre 40 % de son budget pour rembourser les pays riches alors que la malnutrition chronique des enfants pauvres dans ce pays augmente et que 73000 par an meurent avant l’âge de 5 ans ”.

Après réduction des dettes par le projet HIPC, les paiements du Zambie représenteront encore 40 % des revenus de l’Etat, 25 % au Cameroun, en Guinée, au Sénégal.

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1 : M. Aglietta, S.Moatti, Le FMI, de l’ordre monétaire aux désordres financiers, Economica 2000.


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