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2 - Divers "Fragments"

 

Un système monétaire au service des prédateurs

 64903 milliards, c’est le montant, exprimé en francs, de l’endettement en 1997 des cinq pays les plus riches de la planète France : 3948, Japon : 20625, Angleterre : 2640, Allemagne : 7450, USA : 30250. La charge de cette dette (coût des intérêts) peut être estimée à environ 3900 milliards dont 251 pour la France. Comme ces cinq pays, aucun pays du monde n’échappe à l’endettement. Le remboursement de cette dette astronomique ne pouvant se faire rapidement, les banques et les institutions financières, principales prêteuses, sont assurées d’une véritable rente de situation et les profits fabuleux réalisés sous forme de capitaux flottants, vont parfois se fracasser dans des aventures spéculatives à haut risque. Ce constat mérite un commentaire.

 

L’endettement individuel peut se concevoir si quelqu’un désire, à un moment donné, davantage de monnaie qu’il ne lui est permis par la règle du jeu en vigueur dans la société. Par contre, l’endettement collectif, dit national, est totalement inacceptable et résulte d’une véritable escroquerie. En effet, la collectivité, productrice de toutes les richesses, a pour cela pouvoir exclusif de création monétaire. Cela signifie que lorsque la production augmente, ou pour couvrir les impasses budgétaires, elle seule a le droit de mettre de la monnaie supplémentaire en circulation sans avoir de redevance a payer à quiconque. Cette monnaie supplémentaire devrait normalement s’inclure sans frais dans le budget et donc se déduire des recettes fiscales à prélever. Hélas, dans la réalité il n’en est pas ainsi. Les banques sont parvenues à déposséder presque totalement les Etats de leur pouvoir de création monétaire. Les instituts d’émission maintenus en léthargie n’émettent plus que les pièces et les billets. Pour la France, cela ne représente que 10 % de la masse monétaire. Le reste, toute la monnaie dite scripturale, utilisée par chèque ou carte de débit, est émise par les banques et lorsque l’Etat a besoin de monnaie pour boucler son budget, au lieu de créer la monnaie, il emprunte aux « marchés ». Ainsi le contribuable, non seulement ne bénéficie pas d’une déduction, mais doit supporter une addition pour payer les intérêts.

L’énormité des incohérences financières est telle que la critique n’apparaît même plus crédible. Comme les experts, les universitaires, auraient-ils pu ne rien voir ? Il est urgent d’ouvrir les yeux sur le monde et de faire appel à la raison. Pourtant des voix de plus en plus nombreuses commencent à s’élever dont celle de Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988. A chacun d’ajouter la sienne pour que les progrès des techniques monétaires suivent ceux des autres sciences et rendent possible l’avènement d’un troisième millénaire plus radieux que la fin du second.

 

Le traité de Maastricht est là pour nous éclairer 

Ÿ L’article 104 prétend interdire aux instituts d’émission des Etats membres de remplir leur fonction.

Ÿ L’article 107 consacre « l’indépendance » de la Banque centrale européenne (BCE) ainsi 209 millions d’européens n’auraient qu’à subir les conséquences de ses décisions sans avoir mot à dire.

Ÿ L’article 27 du protocole sur les statuts de la BCE stipule que les commissaires aux comptes chargés du contrôle de la BCE devront être recommandés et agréés par le conseil des gouverneurs de la BCE. Ainsi les contrôlés choisissent leurs contrôleurs !

Avec ses dispositions, la boucle est bouclée. Le système est verrouillé. Les requins ont refermé leurs mâchoires. Ce système monétaire au service des prédateurs n’a besoin que du statut quo  pour se maintenir et exercer ses ravages. Il ne laisse aucun espoir à la jeunesse. Le silence et l’indifférence sont ses meilleurs alliés.

Denis Gauci *

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* : Animateur de l’ADED - Association pour les droits économiques et démocratiques. BP 83 - 93190 Livry-Gargan

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