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4 - LES LOIS DES ENSEMBLES ÉCONOMIQUES
Combien "coûte" une production?

Définition de mots-clés

ENSEMBLE: ce terme est pris au sens de la physique: ensemble d’éléments homogènes
VENDRE: c’est se dessaisir de quelque chose pour acquérir de l’argent.
ACHETER: c’est se dessaisir d’argent pour acquérir quelque chose.
POUVOIR D’ACHAT: c’est disposer d’une somme d’argent pour acquérir quelque chose.
SALAIRE: prix payé par un employeur à un employé qui lui "VEND" ses services.
PRIX DE REVIENT: ensemble des dépenses effectuées en argent pour produire un bien.

Remarque: Le pouvoir d’achat nécessaire à la production et aux échanges provient de deux sources: les transactions économiques et le crédit financier. (Afin de permettre une compréhension précise des phénomènes économiques, nous ferons abstraction ici des phénomènes financiers notamment des amortissements).

Examen des faits économiques (modèle simplifié)

Pour percevoir les relations qui existent entre les échanges de biens ou services, et les flux d’argent correspondants, observons-les sur une petite île. On y trouve 4 entreprises, employant chacune un salarié et produisant tout ce qui est nécessaire à la vie sur l’île.

Les échanges se font à l’aide de coquillages qui leur servent de monnaie: André exploite des mines et produit de l’acier, Bernard débite en planches les arbres de la forêt, Charles fabrique des outillages, Daniel exploite la terre.

Ce jour-là, Charles a acheté de l’acier à André et du bois à Bernard. Il en a fait une houe et une faux qu’il a vendues à Daniel. Daniel a vendu de la nourriture aux trois autres: un canard à André, un jambon à Charles et des saucisses à Bernard. L'argent a circulé en sens inverse de celui des richesses: 3 coquillages de Charles à André pour son acier, 2 de Charles à Bernard pour le bois, 3 d’André à Daniel pour le canard, 2 de Bernard à Daniel pour les saucisses, 2 de Charles à Daniel pour le jambon et 7 de Daniel à Charles pour les outils.  Chaque salarié a reçu de son patron un coquillage.

Quel a été le bilan réel de ces échanges?

- La production a coûté à la collectivité: du travail, du fer, du charbon, du bois, un canard, un jambon et des saucisses, mais pas un seul coquillage

- Les dépenses des uns ont constitué le revenu des autres.

- L’argent ne s'est ni consommé ni usé, il n'a fait que circuler.

- La Nature ne s'est pas fait payer.

Que peut-on en déduire?

==> Tout d’abord, on peut constater que le prix de vente de la production n’est composé que de salaires et de marges emboîtées les uns dans les autres à la manière des poupées russes.

==> On peut remarquer aussi que le prix de revient de l’ensemble de la production a été nul puisque la production n’a pas coûté d’argent à la collectivité prise dans son ensemble.

Vu de l’ensemble des patrons, le coût de production a été pour cette journée de quatre coquillages, c’est-à-dire l’ensemble des salaires qu’ils ont versés à leurs quatre salariés.

Examen des faits économiques (généralisation et théorie)

Première loi des ensembles économiques:

==> Le pouvoir d’achat économique des hommes est égal au total des ventes. (p = v)

La simplicité de cette première loi peut sembler suspecte, et acquise au détriment de son universalité. Même si l'on exclut le crédit, en supposant toutes les ventes faites au comptant, il n’est pas évident en première analyse que les humains n’ont d’autres ressources pour se procurer de l’argent que de vendre quelque chose: leur travail, des services ou des biens. La réaction serait de dire: "mais il peut leur arriver de mendier, de dévaliser une banque, etc., ..". Or, la théorie des ensembles économiques n’admet que la vente en usant d’un privilège dont jouissent les scientifiques: la simplification systématique. En effet: nous pouvons nous le permettre parce que toutes les transactions qui donnent lieu à paiement peuvent être assimilées à des ventes: les mendiants vendent des occasions de faire la charité et les voleurs vendent des leçons de prudence, etc.

Deuxième loi des ensembles économiques: Regardons à nouveau les revenus pécuniaires des humains. Pouvons-nous les classer en plusieurs catégories ?

Il y en a deux qui sautent aux yeux:

- les salaires d’une part

- tout le reste d’autre part.

Nous réaliserons une nouvelle généralisation en assimilant à des marges patronales tous les revenus économiques autres que les salaires (honoraires des professions libérales, par exemple). Il en résulte:

==> Le total du pouvoir d’achat économique des hommes est égal au total des salaires perçus par les salariés, plus les marges perçues par les employeurs. (p = s + m)

[ Il va de soi que si on appelle "marges" tous les revenus autres que les salaires, l’ensemble des marges et des salaires constitue bien l’ensemble du pouvoir d’achat économique des hommes. Il s’ensuit que les mendiants, les voleurs, etc.. (bien que n’exerçant pas des activités patronales dans toutes les acceptions du terme), bénéficient des sommes qu’ils encaissent en qualité de non-salariés.]

Troisième loi des ensembles économiques:

==> L'ensemble des ventes est égal à l'ensemble des prix de revient augmenté de l'ensemble des marges. (v =m + r)

Quatrième loi des ensembles économiques, déduction des trois premières: Sur notre île, nous avons déjà constaté un fait capital: La nature nous offre ses richesses au seul prix de nos peines et elle ne se fait pas payer.
De cette constatation, et en portant les valeurs "p" et "v" dans la première loi, il est possible de déduire la quatrième loi, en nous plaçant du point de vue de l’ensemble des entreprises:

==> Le total des prix de revient économiques des entreprises est égal au total des salaires qu’elles versent (r = s)

[il va de soi que, dans la réalité quotidienne, chaque employeur paie toutes sortes d’autres choses que des salaires, même lorsqu’on exclut les intérêts des prêts: par exemple, il paie des fournitures, des impôts, etc... Mais remarquons que ces débours ne sont que des salaires et des marges emboîtées les uns dans les autres comme les poupées russes.]

Nous pouvons maintenant faire une synthèse: Les quelques vérités suivantes sont simples et de pur bon sens. Elles sont à méditer afin de bien les assimiler car elles sont la base de notre inversion de regard sur l’économie actuelle.

1 - La production ne consomme que du travail et des matières. Elle ne coûte pas d’argent.

2 - Les dépenses des uns engendrent le revenu des autres car l’argent ne se consomme pas, il circule. Dis autrement: la dépense de l'un devient une recette de l'autre.

3 - Dans tout prix, il n’y a que du salaire (et des marges) car la Nature ne se fait pas payer.

4 - On dépense un "bien symbolique" (l'argent) pour recevoir des "biens réels"

5 - Quand on dit "ça coûte tant !" on fait, en fait, un arrêt sur image sur les flux (Un "coût" n'existe pas. Si un pont "coûte" 1MF, en fait cet argent revient à la collectivité )

6 - La baisse des prix a pour corollaire la baisse des salaires.

Maintenant, juste pour le plaisir, réfléchissez à la suite de l'histoire: Fortuné, le fils de Daniel s’intéresse à la gestion. Il souhaite en faire son métier car les 4 entreprises de l’île ont besoin d’être aidées pour se développer afin de donner de l’activité aux enfants qui sont maintenant en âge de travailler, de créer d’autres entreprises et de fonder des foyers. L’idée de créer sa banque lui trotte dans la tête. Comme il pratique la pèche sous-marine, il s’occupera en particulier, d’aller ramasser les coquillages qui servent aux échanges, car ils sont très rares et très difficiles à trouver, il a calculé qu’il en fallait 50 de plus pour satisfaire les besoins exprimés, et en particulier pour pouvoir en prêter à ceux qui doivent s’équiper de matériels de production.

Pour la rémunération du service qu’il apportera, la première idée qui lui vient est de demander un intérêt de 10% pour chaque prêt consenti. Ce taux de 10% vous semble t'il raisonnable ou vous semblerait-il plus logique qu'il soit payé 5 coquillages pour sa peine de plonger ?


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